Le cancer de la vessie ( polypes de vessie )

les polypes de vessie

01La définition

02Les facteurs de risque

03Les signes cliniques

04Examens complémentaires

05Traitement de première intention

06Stadification des polypes

07Stratégie thérapeutique

tumeur de vessie

La définition

La vessie, de même que les cavités des reins et les uretères, sont recouverts par un tissu appelé muqueuse ou « urothélium » : Les tumeurs de cette muqueuse sont appelées tumeurs urothéliales. Il s’agit en général de petits polypes.
On enregistre 10700 nouveaux cas par an, et l’âge moyen du diagnostic est de 70 ans. 70% des polypes de vessie ne dépassent pas les couches superficielles de la paroi de vessie, et 30% dépassent la couche musculaire, qui impose un traitement plus radical.

Les facteurs de risque

Les facteurs de risque du polype de vessie sont connus :

  • le premier facteur de risque qui est primordial est le tabagisme : On sait que plus d’un polype sur deux est dû au tabac.
  • polype de vessie tabac

  • l’exposition à certains produits industriels peut entrainer des polypes de vessie : les peintures industrielles, des produits chimiques, des colorants… : il existe donc un facteur de risque professionnel.
  • polype de vessie produits industriels

Les signes cliniques

  1. a) Hématurie microscopique ou macroscopique :
    C’est le signe le plus fréquent, il est isolé le plus souvent et parfaitement indolore. Il arrive que l’hématurie soit accompagnée de caillots pouvant entrainer des difficultés à uriner, voir même un blocage complet nécessitant la pose d’une sonde vésicale (rétention aigue d’urines).
    L’hématurie peut survenir à plusieurs reprises avec une amélioration spontanée en buvant bien : Lorsqu’elle est visible, on dit qu’elle est « macroscopique ». Lorsqu’elle n’est pas visible, on dit qu’elle est « microscopique » (n’est diagnostiquée que sur une analyse d’urines).
    L’importance et l’ancienneté des saignements ne préjugent rien de la gravité du polype.

    polype de vessie hématurie


  2. b) Troubles mictionnels :
    Les polypes de vessie vont irriter l’appareil urinaire : En effet la vessie va considérer le polype comme un corps étranger et va spasmer pour tenter de l’expulser. Dans ce cadre, les polypes de vessie vont être responsables d’une hyper activité de la vessie : envie fréquente d’uriner, difficultés à se retenir d’uriner, brûlure à la miction…

  3. c) Découverte fortuite :
    Il arrive qu’un polype de vessie soit découvert de manière fortuite au cours de la réalisation d’un scanner abdominal ou d’une échographie de vessie pour une autre raison.

    polype de vessie ecographie

  4. Les examens complémentaires

    Toute hématurie doit faire pratiquer un bilan complet afin de s’assurer de l’absence de polype de vessie :

    • Un examen cytobactériologique des urines : Qui va confirmer en général la présence de sang, mais peut dépister aussi une infection urinaire qui peut être une des causes de cette hématurie.
    • une cystoscopie : Une hématurie doit nécessairement faire pratiquer un bilan avec une cystoscopie vésicale. Ce geste est réalisé par l’urologue en consultation. Il va mettre une petite caméra jusqu’au niveau de la vessie, où il va directement aller voir s’il existe un polype dans la vessie. Cette cystoscopie est en général accompagnée d’une cytologie urinaire (prélèvement d’urines durant la cystoscopie) : Ce prélèvement va être envoyé dans un laboratoire spécialisé qui permet de dépister des anomalies sur les cellules d’origine vésicale, et qui peut orienter sur l’agressivité du polype.

    • polype de vessie cystoscopie

    • un Uroscanner : il faut réaliser un uroscanner avec des temps urographiques, afin de s’assurer de l’absence de polype au niveau des uretères ou du rein qui ne seront pas forcément vus en cystoscopie.
    • polype de vessie uroscanner

    Le traitement de première intention

    Lorsque le polype est diagnostiqué, il faut réaliser une résection trans urétrale de la vessie (RTUV) : Ce geste est réalisé par les voies naturelles sous anesthésie générale qui permet de pratiquer à l’ablation du polype qui est ensuite envoyé en analyse anatomopathologique (analyse qui permet d’évaluer l’agressivité du polype). Ce geste est réalisé au cours d’une courte hospitalisation (de 2 à 4 jours).

    polype de vessie anesthesie

    Le patient est ensuite revu en consultation par l’urologue pour l’annonce des résultats qui va permettre, en fonction du type de tumeur, de définir la stratégie thérapeutique à suivre.

    La stadification des polypes

    Du stade de la maladie va dépendre le traitement. On va distinguer deux types de tumeurs principalement :

    • Les tumeurs superficielles (tumeur n’infiltrant pas le muscle de la vessie).
    • Les tumeurs profondes (les tumeurs infiltrant le muscle de la vessie).
    1. a) Les tumeurs superficielles :

      Ce sont des tumeurs appelées « superficielles », car leurs racines ne s’implantent pas en profondeur dans la paroi de la vessie. Elles ne s’implantent que dans une couche superficielle que l’on appelle la muqueuse de la vessie. Elles sont classées pTa (infiltration de l’urothélium) ou pT1 (infiltration du chorion)


    2. b) Les tumeurs profondes :

      Leurs racines vont atteindre une couche plus profonde de la paroi vésicale qui est le muscle de la vessie. Il s’agit là d’un véritable cancer s’infiltrant dans la paroi vésicale. La classification est pT2 (tumeur infiltrant le muscle vésical). Il s’agit de tumeur agressive le plus souvent.


    3. c) Le carcinome in situ (CIS) :

      Il s’agit d’une tumeur agressive mais qui en général ne s’infiltre pas en profondeur. Cette tumeur est plane, sans relief, développée sur la muqueuse. Elle doit être prise en charge comme une tumeur profonde le plus souvent.

      polype de vessie carcinome

    4. Stratégie thérapeutique en fonction du type de tumeur

      1. a) Les tumeurs superficielles :

        En ce qui concerne les tumeurs superficielles, le traitement va dépendre de l’agressivité du polype :

        • soit le polype est plutôt peu agressif (G1 ou G2) et une simple surveillance à raison d’une cystoscopie tous les six mois est à préconiser.
        • soit le polype est agressif (G3) et il faudra réaliser des instillations endo vésicales : Il s’agit de produit que l’on met dans la vessie au moyen d’une sonde, et que l’on doit garder pendant une heure à deux heures. Ce traitement se fait en ambulatoire, à raison d’une séance par semaine toutes les six semaines. Il existe deux types de produit qui peuvent être utilisés. Il s’agit d’une thérapeutique en général bénigne et bien supportée.
        • polype de vessie tumeur superficielle

        polype de vessie tumeur superficielle


      2. b) Les tumeurs profondes :

        Lorsqu’il est découvert une tumeur qui infiltrait profondément le muscle vésical, la sanction chirurgicale est en général une cystectomie (ablation complète de la vessie). C’est une chirurgie qui n’est réservée qu’aux cas graves de cancers de vessie, mais non métastatiques, et qui consiste à retirer la vessie ainsi que la prostate.

        On va ensuite faire une dérivation urinaire qui peut être de type :

        • soit continente (néovessie) réalisée à partir d’intestin grêle.
        • polype de vessie tumeur continente

        • soit incontinente (Bricker) qui correspond à un morceau d’intestin mis à la peau par lequel vont s’écouler les urines de manière incontinente.

          polype de vessie tumeur incontinente

          Actuellement, la tendance est de proposer une chimiothérapie avant ce geste afin de diminuer la masse tumorale afin de préparer au mieux le geste.

          A noter qu’avant la réalisation de cystectomie, un bilan d’extension est obligatoire afin de rechercher d’éventuelle localisation secondaire de tumeur de vessie :

          • Scanner thoracique
          • Scintigraphie osseuse
      3. c) La tumeur de vessie métastatique :

        Lorsqu’une tumeur de vessie est métastatique, il n’y a aucune indication à faire une chirurgie agressive de type cystectomie. Dans ce cadre, on envisage une chimiothérapie. Cette chimiothérapie comprend plusieurs produits. On peut éventuellement envisager une cystectomie dans un deuxième temps s’il y a régression complète des lésions secondaires.

        polype de vessie conclusion

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