L'incontinence urinaire par urgence mictionnelle

l'iincontinence urinaire par urgence mictionnelle

01Rappel anatomique

02Définition

03Facteurs de risque

04Le diagnostic

05Le traitement

Cette pathologie touche essentiellement la femme


Rappel anatomique

incontinence urinaire effort definition

L’anatomie de la femme comporte au niveau du pelvis la vessie et son sphincter ainsi que le plancher musculaire pelvien :

  • la vessie : La vessie est un muscle qui est muni de capteurs de pression. Lorsque la vessie se remplit, la pression monte dans le réservoir et les capteurs sont ainsi avertis. Ils transmettent l’information au cerveau via le système nerveux central que la vessie a besoin de se vider. Le cerveau donne ensuite le feu vert à la vessie qui va se contracter et se vider.
    En parallèle, le sphincter qui était contracté durant le remplissage de la vessie va se relâcher permettant la vidange de la vessie.
  • le sphincter urétral : Le sphincter urétral est un petit muscle qui se situe dans l’urètre. C’est un muscle que l’on contracte lorsque l’on se retient d’uriner, et qui est contracté de manière autonome lorsque la vessie se remplit. Ce sphincter est contracté lors du remplissage de la vessie, et il se relâche lors de la vidange de la vessie permettant ainsi cette dernière.
  • le plancher musculaire pelvien : L’urètre et la vessie sont soutenus par des muscles situés au niveau du pelvis qui constituent le plancher musculaire pelvien (plancher du bas ventre au niveau du périnée) :
    • Si le plancher est tonique, il va bien soutenir la vessie et l’urétre et contribuer au bon fonctionnement du sphincter et de la vessie, améliorant ainsi la retenue des urines.
    • A l’inverse, s’il est affaibli, notamment lors d’un effort, il va perdre de son efficacité et ne soutiendra pas bien l’urétre et la vessie.

    Dans ce cadre, il peut y avoir une notion de prolapsus (une descente d’organes) à travers le vagin, mais aussi des fuites urinaires de type incontinence urinaire d’effort.

    Il existe deux types de fuites :

    • une incontinence urinaire d’effort (IUE) qui est due à un mauvais fonctionnement du sphincter en rapport avec en général une défaillance du plancher pelvien.
    • Une incontinence urinaire par urgenturie (impériosité) qui est l’impossibilité de se retenir d’uriner due à une irritation des capteurs de la paroi de la vessie. En général, ce deuxième mécanisme retrouve un bon fonctionnement sphinctérien et un bon fonctionnement du plancher pelvien.

      incontinence urinaire effort fonctionnement

    • A noter que des fuites d’urines peuvent être mixtes c’est à dire combiner les deux mécanismes.

    incontinence urinaire effort fuites

Au sein des femmes incontinentes, 50% souffrent d'une incontinence urinaire d'effort, 10 à 20% présentent une incontinence urinaire par impériosité, le reste des femmes présentant une incontinence urinaire mixte.

En analysant le type d’incontinence en fonction de l’âge, il apparaît que l’incontinence urinaire d’effort prédomine chez la femme jeune (moins de 50 ans), tandis que l’incontinence urinaire par impériosité et l'incontinence mixte prédominent chez la femme plus âgée (plus de 50 ans).

La définition

Une incontinence urinaire par urgences mictionnelles se définit par des contractions intempestives de la vessie, provoquant des envies irrépressibles. Il se traduit par des envies soudaines, urgentes et irrépressibles d’uriner. Ces besoins sont fréquemment ressentis par les personnes qui en sont victimes.

incontinence urinaire effort envies

Ces troubles se caractérisent par des fuites involontaires d’urines, accompagnées ou précédées par des besoins urgent et irrépressibles d’uriner, entrainant ainsi une miction ne pouvant être différée et retenue.

Ces fuites sont donc la conséquence de contractions anormales de la vessie pendant le remplissage de cette dernière. Ces contractions surviennent alors que la vessie est peu remplie. Le sphincter urétral reste correctement fermé, mais la pression dans la vessie devient supérieure à la pression du sphincter urétral. Le verrou du sphincter urétral est donc forcé et l'urine peut sortir vers l'urètre et l'orifice urinaire.

incontinence urinaire effort contractions

Elle s’associe fréquemment à une augmentation anormale du nombre de mictions en journée et/ou nocturne.

On nomme aussi cette pathologie :

  • Hyperactivité vésicale
  • Incontinence urinaire par « urgenturie » ou « impériosité »

Cette dernière peut être :

  • Sans aucune cause retrouvée (dit « idiopathique ») : 90% des femmes
  • Avec une cause retrouvée expliquant les troubles : infection urinaire, maladie neurologique, calcul vésical, polype de vessie : 10% des femmes

Les facteurs de risque

Les Facteurs de risque de ce type d’incontinence sont :

  • La Ménopause : La ménopause favorise ce type de fuites urinaires. L’arrêt de sécrétion des hormones féminines (oestrogènes et progestérone) entraîne une déhiscence de la paroi musculaire pelvienne, favorisant les urgences mictionnelles.
  • L’âge : l’incontinence urinaire d’effort augmente avec l’âge. En général ceci est dû à un vieillissement de l’appareil musculaire pelvien mais aussi dû aux antécédents gynéco-obstétricaux.
  • Lésions traumatiques : les fractures du bassin ou des accouchements voie basse qui peuvent être délabrants.

Le diagnostic


a) interrogatoire et examen clinique :


L’urologue va vous poser des questions pour évaluer l’importance des fuites, leurs anciennetés, la gêne occasionnée. Il va bien sur chercher à s’assurer qu’il s’agit bien d’une incontinence urinaire par urgenturies et qu’il n’y a pas d’incontinence urinaire d’effort (voir rappel anatomique).
Il va ensuite pratiquer un examen clinique qui est un examen gynécologique au cours duquel l’urologue confirme l’absence d’une éventuelle fuite d’urine à l’effort. Il en profite pour tester la solidité du plancher périnéal et recherche en général un prolapsus associé.


b) examens para cliniques :


Plusieurs examens para cliniques peuvent être recommandés :

  • un calendrier mictionnel : Il est primordial pour diagnostiquer une incontinence urinaire par urgenturies. Il permet aussi d’évaluer la fréquence mictionnelle, et de voir si cette dernière est augmentée : plus de 8 fois dans la journée, et d’une fois la nuit.

    incontinence urinaire mictionnelle calendrier

  • Une ECBU : en effet une infection urinaire peut mimer une incontinence urinaire d’effort donc il faut s’assurer de l’absence d’infection.
  • Une cystoscopie : en effet une lésion endo-vésicale de type polype ou un calcul vésical peuvent mimer une incontinence urinaire d’effort.
  • incotinence urinaire effort cystoscopie

  • Un bilan urodynamique : ce dernier examen n’est pas obligatoire mais il est recommandé par les Sociétés savantes. Il permet de bien voir si on a un dysfonctionnement du système vésico-sphinctérien, ou si ce dernier fonctionne bien et que l’incontinence urinaire d’effort est dû à un dysfonctionnement du plancher musculaire pelvien.

    incotinence urinaire effort bilan urodynamique

    Le but de ce bilan est de :

    • Confirmer que la patiente souffre d’une incontinence urinaire par urgences mictionnelles
    • Rechercher un facteur irritatif expliquant cette incontinence : lithiase, polype, prolapsus (descente d’organes)

Le traitement

Le traitement repose sur plusieurs points :

Si un facteur irritatif est retrouvé, le traitement de ce dernier va améliorer les symptômes, et notamment l’incontinence urinaire.
Dans un premier temps, on va prescrire :

  • Un traitement médical par Anticholinergique peut être prescrit : « ditropan », « vesicare », « ceris »… Ces médicaments provoquent 2 effets secondaires principaux à savoir : sécheresse buccale, constipation.

    incontinence urinaire mictionnelle anticholinergique

  • Une rééducation périnéale de type « biofeedback » peut être prescrite. Cette rééducation va permettre de tonifier les muscles du plancher pelvien, permettant ainsi un meilleur contrôle vésico-sphinctérien

    incontinence urinaire effort sondes vaginales

Si il est constaté un échec des anticholinergiques et de la rééducation périnéale, on pourra alors proposer deux techniques de dernière génération, en fonction de l’âges, des antécédents et de la préférence du patient :  :

  • Soit des injections intra-vésicales de BOTOX 100 UI : la toxine botulique injectée dans la vessie va « calmer » le muscle vésicale pour un durée de temps limitée (car le produit s’élimine avec le temps), qui va de 3 mois à 1 an en fonction des patients : il faut donc réinjecter régulièrement

    incontinence urinaire mictionnelle injections

  • Soit une neuromodulation sacrée : on implante un boitier qui va aller stimuler des racines nerveuses de la colonne vertébrale qui contrôlent la vessie, permettant ainsi de la calmer. La durée d’action va être plus longue que pour le BOTOX, mais on constate en général une diminution des effets bénéfiques au bout d’un certain temps (effet de quelques années environ)

    incontinence urinaire mictionnelle neuromodulation

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